L’Enseignement pour Adultes, de multiples voies vers la reconversion

Avec 145 établissements partout sur le territoire Wallonie-Bruxelles, l’Enseignement pour Adultes (ex-promotion sociale) propose plus de 200 formations certifiantes et près de 3000 cours, de niveau secondaire ou supérieur, de type long ou de type court. Lors de la Semaine de l’Enseignement pour Adultes, l’ensemble de ces établissements étaient invités à mener des actions d’information vers leurs publics cibles. La forme de ces actions était laissée à leur discrétion, en toute autonomie.
En Hainaut, l’Institut provincial Gabrielle Petit a opté pour la formule des cours ouverts. Pour son directeur, Jérémy Deltombe, « la Semaine de l’Enseignement pour Adultes est une belle mise en vitrine de notre établissement. Notre public est d’abord constitué de personnes en reconversion professionnelle, mais également, de plus en plus, de personnes qui, avec toutes les réformes du gouvernement au niveau du chômage, de la mutuelle, etc., se sentent également dans l’obligation de retrouver ou de trouver quelque chose. Cette année, à la rentrée, on a remarqué un public en moyenne légèrement plus jeune que les autres années. »

Dans la section agents de gardiennage, par exemple, alors qu’elle se composait généralement d’un « bon mix entre les jeunes et les moins jeunes », le directeur et son équipe ont remarqué un rajeunissement des personnes inscrites. « Ce sont majoritairement des gens entre 18 et 23, 24 ans. » 80 à 90 % des personnes inscrites dans une des quelque 30 formations proposées à Leuze ou à Tournai travaillent en journée, tout en bénéficiant parfois de congés éducation. Le directeur de l’école provinciale constate aussi la difficulté pour certains d’allier travail et cours du soir. « Quand on travaille déjà la journée, avoir quatre soirées supplémentaires, il faut pouvoir s’accrocher. Mettre tout en œuvre pour qu’ils y arrivent est un peu le fer de lance de l’enseignement pour adultes pour le moment. »
« Cette année, on a remarqué un public en moyenne légèrement plus jeune que les autres années. »
Le CAP pour transmettre les savoirs
Mercredi soir, au cours de sociologie, parmi la quinzaine de personnes désireuses d’obtenir un Certificat d’aptitudes pédagogiques (CAP), il y avait des infirmiers, une jeune assistante sociale, un vendeur de vêtements de sport ayant perdu son emploi et enseignant différentes matières depuis un an et demi, sans titre requis. « Avec toutes mes expériences professionnelles, je peux être très polyvalent. Je peux enseigner la technologie, le dessin assisté par ordinateur, la construction, aussi bien des cours pratiques que théoriques, la vente, l’étalage, parce que j’ai eu un commerce pendant des années. » Une majorité des étudiants continuent d’exercer leur métier et toutes et tous sont mus par l’envie de transmettre leur savoir et de former les futurs professionnels.
Dans une autre classe, une quinzaine de bacheliers en comptabilité suivent leur premier cours de communication. Parmi eux, une trentenaire détentrice d’un master didactique, qui a choisi de quitter le monde de l’enseignement secondaire spécialisé dans lequel elle donnait
des cours généraux, ainsi qu’un ancien militaire… de 69 ans, retraité, mais désireux de rester actif ! « Je ne sais pas rester tranquille. J’ai besoin de travailler, de transmettre mes connaissances et de pouvoir aider les autres personnes. »
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